En privé il ne tarit pas des éloges en l’endroit des chinois qui sont couverts de toutes les vertus du monde, tandis que les anciennes sociétés occidentales sont traitées de tous les noms d’oiseaux et accusées d’être responsables du retard économique de l’Afrique et en particulier du Tchad, responsables de l’introduction de la corruption généralisée, etc. Les rares cadres qui osent placer un mot comparatif sont traités de « agents patentés du néocolonialisme, relais des impérialistes, bradeurs des intérêts nationaux, etc. » . Pour le moment, seul Satom Sogea, qui est habitué des lieux et des Deby, tirerait son épingle du jeu, mais pour combien de temps.


Les chinois raflent tous les marchés de constructions des grandes infrastructures routières et immobilières : la raffinerie couplée avec la construction de deux pipes, celui de Bongor à Djarmaya et l’autre de Sidigui à Djarmaya ; les Cimenteries, le nouvel aéroport, le Chemin de fer Soudan-Tchad-Cameroun, etc. Même si on ne met pas en doute les capacités techniques et financières des chinois, les cadres et les observateurs tchadiens apprécient très peu les méthodes et les manières de faire des chinois. Les marchés leur sont octroyés directement par Deby, personnellement ; sans aucun appel d’offres, aucune consultation, même pas restreinte, pas de structure de contrôle, pas d’études d’impacts sur l’environnement, pas d’expertise sur les prix, ni sur les intérêts. Et comment va-t-on rembourser tous ces prêts chinois ? Rien de tout cela. Avec les sociétés occidentales, les cadres sont intimement associés à tous les niveaux : conception, exécution et suivi, même si la plupart de temps, ces mêmes sociétés payent les locaux pour qu’ils ne voient et entendent rien. Avec les chinetoques pas d’implication des locaux, ils sont en même temps les maitres d’œuvre, maitres d’ouvrage et bailleurs des fonds. La boucle est bouclée.


Les chinois ne rendent compte qu’à Deby et ne reçoivent les ordres que de lui et de lui seul. Si par inadvertance un Ministre ou un cadre place un mot mal vu ou interprété eux, ces derniers accourent immédiatement chez Deby et c’est le coup de massue qui va tomber sur lui sans chercher à savoir ce qui s’est réellement passé. Les sociétés traditionnelles arrosaient du gardien du chantier jusqu’à Deby, les chinetoques uniquement et exclusivement Deby. Les societés occidentales, principalement les françaises, soustraitent certains contrats par les locaux (SNER, ECRB, etc.), avec les chinetoques, tout pour la chine, tout par les chinois.

Au fait y a-t-il un médicament contre la peste jaune ?


Beremadji Félix
N’djaména