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            Une vieille formule revient en force dans les discours et les esprits tacites de ceux qui veulent diriger le Tchad de demain. Elle tient en deux mots : Préférence et confiance communautaire saucissonnée d’un intellectualisme dangereux. Cette expression reflète le credo officieux des responsables combattants, mais aussi une bonne partie d’anarchiste notoire qui trouve un intérêt certain d’identité et d’existence dans ce mode de fonctionnement.

 

Mais pour beaucoup de Tchadiens qui analysent le futur de paix, de stabilité et de progrès, l’écho de ce slogan suscite des inquiétudes dans l’opinion détachée de l’homme public, et ceux qui veulent d’un Tchad plus attaché à son identité face aux vents de la mondialisation, plus attentive aux effets négatifs de la concurrence du monde contemporain. Malheureusement plusieurs des leaders actuels dotés d’une ambition présidentielle laissent ressortir ce vieux fond de commerce sans avenir. Il n’y a pas de privilège tribal au dessus d’une autre, il nous faut un ciment républicain.

 

La jeunesse tchadienne inscrite dans les différents mouvements d’opposition doit reprendre en main son destin en redonnant tout son sens à la préférence républicaine sur laquelle elle s’est naguère construite.

 

Cette conviction doit animer aux premiers degrés ceux qui veulent bâtir un Tchad prospère, car les idéaux qui depuis les années des révolutions font des hommes politiques, les leaders d’une communauté ont montré leurs limites et mis en désarroi les esprits les plus volontaires. Pire encore, ces hommes politiques deviennent les otages avérés d’une communauté éprouvant l’anarchie, enrichissement et arrogance, mettant en mal des vies et l’harmonie sociétale, bafouant les normes d’un état républicain, juste et de droit.

 

          La préférence communautaire sans science de société est un mal dangereux. Il exprime la priorité donnée à une communauté, dans le domaine commercial, politique, économique et social au détriment de la multiple entité que fait un pays. Cette préférence mine les esprits, installe la forfaiture et l’injustice. Ce mal qui fait du Tchad un pays piégé doit être combattu à toute échelle et à tout niveau tout comme les hommes qui font de cette préférence communautaire, ethnique et clanique, leurs fonds de commerce, leur tribune et leur existence.

       

        Idriss Deby, au sommet de l’état tchadien, par sa politique protectionniste d’un régime nauséabond cultive et émerge dans le communautarisme, il fait de la résurrection ethnique son pamphlet, il arme des tribus et des communautés contre les autres, hier s’était les Zaghawa contre les tamas, des Zaghawa contre d’autres Zaghawa, contre les Hadjaraïs, les ouaddaïens, les ressortissants du Kanem et enfin une préférence d’un Sara au détriment d’un autre. Ils arment certains Arabes contre leurs propres frères, il parle de Damochi sans retenue, une allusion faite aux Goranes, manipule des groupes ethniques à vue pour perdurer au pouvoir même si le Tchad doit disparaître à jamais. Il faut combattre ce fléau à différent niveau, tout comme ceux qui écrivent ça et là avec un accent communautaire et régional tendancieux fortement allusif.

 

Les sites qui mettent en avant l’esprit politico-communautaire doivent laisser place à une identité républicaine. Il faut renoncer à cette formule tant qu’elle ne revêt un caractère culturel et d’émancipation. Il faut peut-être l’accepter à condition de ne pas l’interpréter comme un repli derrière des barrières protectrices et politiques, mais comme la volonté de promouvoir un modèle socio-culturel tchadien.

 

       L’opposition plurielle doit promouvoir un idéal capable de mettre en confiance le peuple tchadien qui ne voudrait plus revivre ces 21 ans de communautarisme politique et économique au gré de se retrouver avec des événements à répétition et des conséquences dangereuses.

 

S’il existe un patriotisme tchadien, il vaut mieux qu’il s’exprime positivement, en mobilisant ses ressources au service de ses valeurs. On ne peut vouloir être président au Tchad juste avec sa petite tribu. Le monde de demain s’éloigne de ce concept.

 

                            Les Tchadiens veulent de l’ordre, un ordre juste.

 

 

ASSILECK HALATA MAHAMAT

Tag(s) : #POLITIQUE TCHAD

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