Par Journaldutchad.com

Une plainte pour enlèvement, séquestration et torture a été déposée depuis le 7 février 2012 à Paris par la famille de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh

 

Celle-ci intervient quatre ans après la «disparition forcée», de celui qui était le porte-parole de la Coordination des partis politiques au Tchad. Faute de réelle volonté politique, le Tchad n’a jamais véritablement engagé de procédure judiciaire sur cette affaire. Aucun des auteurs et responsables présumés de cette disparition n’a eu à répondre de ses actes devant la justice plus de quatre ans, explique la présidente d'Amnesty International France Geneviève Garrigos citée dans le communiqué conjointement rendu public par son ONG et l'Acat France. La famille de l'opposant a par conséquent déposé une plainte à Paris avec constitution de partie civile pour enlèvement, séquestration, torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, selon le communiqué.

 

 
© Laurent Hini 
Mohamed Ibni, fils d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, c’était il y a quatre ans.

Après tout ce temps passé, les autorités tchadiennes auraient pu croire que l’affaire Ibni allait être enterrée comme bien d’autres affaires semblables au Tchad. Cette impunité a, au contraire, poussé sa famille à se mobiliser encore plus fortement, dit de son côté Clément Boursin, responsable des programmes de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat-France). Secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole de la coalition de l'opposition tchadienne, Ibni Oumar Mahamat Saleh a été arrêté le 3 février 2008 à son domicile par des militaires tchadiens, après une attaque rebelle qui était parvenue ce jour-là jusqu'au cœur de N'Djamena. Le régime d'Idriss Deby avait ensuite, avec le soutien de la France, repris le contrôle de la situation.

A la suite d'une mobilisation internationale, une commission d'enquête tchadienne avait été mise sur pied. Elle avait conclu en septembre 2008 que l'opposant était «désormais décédé» et mettait en cause des militaires tchadiens dans la disparition, mais sans éclaircir les conditions de celle-ci. Les deux ONG espèrent en particulier que les autorités françaises déclassifieront tous les documents concernant les événements de février 2008 à N'Djamena dans le cadre d'une éventuelle enquête sur la disparition de l'opposant.

Tag(s) : #DROIT DE L'HOMME

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