Comment peut-on imaginer qu’un Ministre des Affaires Etrangères puisse séjourner dans un pays pendant plus d’une semaine alors qu’il a été reçu par l’Emir dès son arrivée, par ce qu’il est porteur d’un message du Chef de l’Etat Tchadien. Toute chose étant égale par ailleurs, chez les hommes bien nés, on ne fait pas attendre les émissaires des Chefs d’Etat ; mais notre Ministre a continué tout bonnement à abuser de la magnanimité de ses hôtes en cherchant à rencontrer tout ce que le Qatar compte comme princes, ce qui a naturellement déconcerté les émirs qui ont ces derniers temps d’autres chats plus importants à fouetter.

On savait que Mr Faki a trois dossiers à exposer : pour la énième fois le problème de la présence des leaders de la Résistance, ensuite demander à Qatar d’ intercéder auprès du CNT pour une éventuelle reprise de dialogue, et enfin le plus important et surtout le plus incongru aux dires même des hôtes, selon leurs indiscrétions ,solliciter un soutien financier pour faire face à la grogne sociale alors que le Tchad est considéré comme un pays pétrolier.

Quand on est porteur d’un message du Chef de l’Etat, on remet le message à l’illustre destinataire et on repart aussitôt, on ne continue pas à rester pour faire les couloirs comme un vulgaire « Allah haro !»

Par ailleurs notre Kabadi national est aussi à Khartoum, il est arrivé 3 jours d’avance avec une cohorte de 30 personnes pour assister à une session ordinaire du Congrès National, le parti au pouvoir au Soudan. Lors de son premier passage à Khartoum quand il était à la tête du Gouvernement, il avait été bien accueilli, parlant un anglais oxfordien, revendiquant des origines shuluk (sud-soudan). Malgré ses nombreuses doléances, Mr Kabadi avait été gâté. Cette fois-ci dès qu’il a mis pied sur le sol soudanais, il a fait savoir aux hôtes que sa délégation partira 4jours après la session, alors que beaucoup des délégations sont déjà reparties après l’ouverture le 24-11-11. L’accueil n’a pas été aussi faste qu’en 2003 compte tenu de la situation économique et financière du pays, ensuite être d’origine sud-soudanais n’est pas vraiment porteur et enfin les niaiseries et le nasillement d’un Abakar Borgou qui est «de fait » le vrai chef de délégation, agacent au plus profond les soudanais.

Ce phénomène de vagabondage est devenu endémique dans toute l’administration et à tous les échelons ; les cadres s’ennuient au travail comme leur chef, c’est pourquoi aujourd’hui tout le monde est en quête des missions et pendant ce temps le Pays est en arrêt total.

Beremadji Félix
N’djaména