N'DJAMENA — Le président d'une ONG tchadienne, arrêté pour déclaration calomnieuse après des violences qui ont fait 13 morts en septembre à Matta Leré (sud), a été relaxé vendredi au bénéfice de doute, a-t-on appris de source judiciaire.

Deuzoumbé Daniel Passalet, président de l'organisation Droits de l'homme sans frontières (DHSF) a été relaxé au bénéfice du doute par le tribunal de première instance de Moussoro à 300 kilomètres au nord de N'Djamena, a indiqué cette source judiciaire à l'AFP sous le couvert de l'anonymat. Le Procureur de la République a fait appel de la décision, précise-t-on de même source.

En septembre, quatre notables, dont le chef du village de Mata Léré près de la frontière camerounaise, avaient été lynchés après avoir été accusés d'enlèvement d'enfants par des habitants du village.

Quarante-sept personnes avaient été arrêtées après le lynchage. Neuf d'entre elles étaient mortes en détention dans des conditions encore non élucidées.

M. Passalet avait été écroué le 20 décembre pour "dénonciation calomnieuse" après avoir affirmé la veille à la presse que la veuve du chef de village lynché, Lahr-Idi Pabamé Massamba, avait été enlevée par des militaires armés parce qu'elle voulait retirer sa plainte en diffamation contre le député Saleh Kebzabo, principal opposant tchadien.

Mme Massamba avait porté plainte contre M. Kebzabo estimant qu'il avait porté atteinte à la mémoire de son mari. Lundi, l'Assemblée nationale a créé une commission qui doit décider de la levée de l'immunité parlementaire de l'opposant également dans le cadre de cette affaire.

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