Dakar, 21 déc (APS) - La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a fait part, dans un communiqué, de sa ‘’grave préoccupation devant la menace qui pèse sur l’immunité parlementaire’’ de Saleh Kebzabo’’, présenté par cette organisation comme ‘’l’homme politique à abattre du régime d’Idriss Deby’’.

 

Leader de l’Union nationale pour le renouveau et la démocratie (UNDR) et député à l’Assemblée nationale tchadienne, Saleh Kebzabo est ‘’poursuivi injustement en diffamation par la veuve Massamba Pabamé née Lahr Idi dans l’affaire du village de Matta au Tchad’’.

La RADDHO dit condamner la procédure de la levée parlementaire de M. Kebzabo et ‘’exige la suspension immédiate de toute mesure visant à museler davantage les leaders de l’opposition tchadienne suffisamment étouffés’’.

A Mata Léré, village situé au sud-ouest tchadien, frontalier du Cameroun, un drame lié à une histoire de rapts d’enfants a causé la mort de 13 personnes, il y a de cela quelques semaines.

Les faits remontent au 13 septembre dernier, lorsqu’un groupe de villageois croit avoir identifié les responsables de rapts d’enfants qui durent depuis une dizaine d’années. Ils se rendent justice en tuant le chef de village et trois de ses notables.

La police intervient et arrête 47 personnes. Brutalement, neuf décèdent en prison. Les forces de l’ordre se déploient alors pour assurer la sécurité.

Selon des informations de presse, Lahr-Idi Pabamé Massamba, veuve d’un chef de village lynché, "avait été enlevée par des militaires armés" parce qu’elle voulait retirer sa plainte en diffamation "contre le député Saleh Kebzabo", principal opposant tchadien.

Mme Massamba avait porté plainte contre M. Kebzabo, estimant qu’il avait porté atteinte à la mémoire de son mari. Sur cette base, l’Assemblée nationale a créé une commission qui doit décider de la levée de l’immunité parlementaire de l’opposant également dans le cadre de cette affaire.

‘’Il est à rappeler que M. Saleh Kebzabo, est le chef de file de l’opposition démocratique au Tchad dont le parti est représenté majoritairement à l’Assemblée nationale tchadienne. Depuis la dernière élection présidentielle d’avril 2011, boycottée par l’opposition tchadienne, M. Saleh Kebzabo est devenu l’homme politique à abattre du régime d’Idriss Deby’’, indique la RADDHO.

’’La procédure de levée de son immunité parlementaire obéit manifestement à des considérations politiques à l’approche des élections communales dont l’UNDR, dont M. Kebzabo est le président, a menacé de nouveau de boycotter en exigeant plus de transparence dans le déroulement de scrutin’’, estime la même source.

 

BK/AD

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