UST.jpgL'Union des Syndicats du Tchad (UST) et la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad ( CLTT) ont entamé mercredi une grève illimitée pour réclamer l'application immédiate de la nouvelle grille salariale dans le secteur public et l'octroi des allocations familiales.

 "Le gouvernement n'a pas toujours satisfait à nos revendications, nous observons dès aujourd'hui une grève illimitée ", a confié à Xinhua Michel Barka, président de l"UST. Jeudi dernier, les deux centrales syndicales avaient décidé de suspendre une grève de trois jours qui "a été largement suivie dans tout le pays par les travailleurs".  "Mon gouvernement est en dialogue permanent avec tous les syndicats, les étudiants, les ex-travailleurs de TCC (Tchad- Cameroun Constructors, une société sous-traitante d'ESSO qui a cessé ses activités depuis plusieurs années, NDLR) et les retraités", a déclaré le Premier ministre Emmanuel Nadingar devant les députés mercredi.  "Nous avons pris les mesures nécessaires pour répondre aux revendications des travailleurs, dans la limite des possibilités du Trésor public. Les autres mesures à prendre dépendront de ce que sera prévu dans le projet de loi de finances 2012", a-t-il ajouté. Selon le chef du gouvernement, les revendications des salariés auront une incidence de 16 milliards de francs CFA par mois sur le Trésor public. La masse salariale de l'Etat passera alors de 33 à 49 milliards de francs CFA par mois, soit 588 milliards par an. "L'actuelle masse salariale engloutit déjà les recettes non pétrolières de l'Etat estimées à 390 milliards de francs CFA", a affirmé Emmanuel Nadingar.

Le 18 octobre 2011, le président de la République Idriss Déby Itno a promulgué un décret qui approuve et rend exécutoire les grilles salariales consécutives au relèvement du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) et du Salaire Minimum Agricole Garanti (SMAG) dans le secteur privé. Le SMIG en cours dans le secteur public est de 55.995 francs CFA.  "C'est une bonne chose que le gouvernement relève le salaire minimum dans le privé, mais il devra de même pour le secteur public", plaide François Djondang. "Nous comprenons la situation des travailleurs. Mais nous sommes à pied d'œuvre pour satisfaire à leurs revendications", déclare le secrétaire général du ministère de la Fonction Publique, Toïna Tondjibaye, qui demande aux travailleurs de suspendre leur grève, afin de laisser le temps au gouvernement "de finaliser le travail et de le soumettre au Comité Consultatif de la Fonction publique".

Pendant leur grève, les leaders syndicaux avaient été reçus à deux reprises par le Premier ministre Emmanuel Nadingar. Le gouvernement ne voudrait accepter la nouvelle grille salariale du secteur public qu'en 2013, et non dès 2012, comme l'exigent les syndicats.

Tag(s) : #POLITIQUE TCHAD

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